Une étude suédoise alerte sur une production massive de PFAS liée à l’essor de l’IA
L’organisme suédois ChemSec affirme que les dix plus grands fabricants mondiaux de PFAS prévoient d’augmenter fortement leur production, en lien avec le développement des centres de données pour l’intelligence artificielle.

Une organisation suédoise de surveillance des substances chimiques, ChemSec, met en garde contre une hausse importante de la production mondiale de PFAS, des composés chimiques persistants surnommés « polluants éternels ». Selon une enquête menée par cet organisme auprès des principaux fabricants de PFAS, les dix plus grands producteurs mondiaux prévoient d’augmenter drastiquement leurs capacités de production sur l’ensemble de leurs sites industriels, en Europe, en Asie et en Amérique du Nord.
D’après ChemSec, cette augmentation attendue de la production est directement liée à l’essor de l’intelligence artificielle et au développement à grande échelle des centres de données à travers le monde. Ces infrastructures, indispensables au fonctionnement des technologies d’IA, nécessiteraient en effet un usage accru de PFAS, notamment pour leurs propriétés de résistance à la chaleur et aux produits chimiques.
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, regroupent plusieurs milliers de composés chimiques utilisés dans de nombreux secteurs industriels en raison de leur résistance exceptionnelle à l’eau, à la graisse et à la chaleur. Ces substances sont toutefois connues pour leur extrême persistance dans l’environnement, ce qui leur a valu leur surnom de « polluants éternels », ainsi que pour leurs effets potentiellement nocifs sur la santé humaine, régulièrement documentés par des études scientifiques.
ChemSec, organisme basé en Suède et spécialisé dans la surveillance des substances chimiques dangereuses, n’a pas précisé dans l’immédiat l’ampleur chiffrée de cette hausse de production annoncée par les fabricants, ni les délais dans lesquels ces augmentations de capacité pourraient intervenir. L’organisation souligne néanmoins l’ampleur du phénomène en évoquant un « raz-de-marée » de PFAS susceptible de se répandre à l’échelle mondiale.
Cette alerte intervient alors que la question de l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle et des centres de données, déjà pointée pour sa consommation énergétique et sa consommation en eau, s’étend désormais également aux substances chimiques utilisées dans la fabrication et le fonctionnement de ces infrastructures.
Sources
- Une étude suédoise alerte sur la production massive de PFAS pour l’IA et les centre de données — RFI — Français
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