Tribune : « la neutralité revendiquée par l'UDC équivaudrait à un soutien à la politique belliqueuse de la Russie »
Dans une tribune au « Monde », le professeur de droit public Hugues Rabault estime que le principe de neutralité défendu par l'Union démocratique du centre, soumis au vote dimanche, paralyserait la capacité de défense de la Suisse.

Les Suisses sont appelés à se prononcer dimanche 27 septembre sur un texte porté par l'Union démocratique du centre (UDC) qui inscrirait dans la loi une définition stricte de la neutralité du pays, interdisant notamment toute coopération avec l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
Dans une tribune publiée par « Le Monde », Hugues Rabault, professeur de droit public, met en garde contre les conséquences d'un tel choix. Selon lui, la conception de la neutralité défendue par le parti populiste ne pourrait, dans le contexte géopolitique actuel, s'interpréter que comme un soutien de fait à la politique menée par la Russie.
Une capacité de défense affaiblie
L'auteur estime que l'adoption de ce principe reviendrait à une forme de paralysie de la capacité de défense de la Confédération, en limitant les marges de manœuvre du pays pour coopérer avec ses partenaires européens sur les questions de sécurité.
Le texte soumis au vote populaire s'inscrit dans un débat plus large, en Suisse, sur l'équilibre entre la tradition de neutralité du pays et les évolutions du contexte sécuritaire européen depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Les partisans de l'initiative UDC défendent au contraire une lecture stricte de la neutralité comme garantie d'indépendance vis-à-vis des blocs militaires.
Le vote de dimanche s'annonce comme un test pour la position suisse sur la scène internationale, dans un contexte où plusieurs pays européens ont révisé leurs politiques de défense depuis 2022.
Cet article reprend les arguments d'une tribune publiée dans « Le Monde » ; il ne reflète pas nécessairement la position de la rédaction.
Sources
- « En Suisse, la neutralité revendiquée par le parti populiste ne peut s’entendre autrement que comme un soutien à la politique belliqueuse de la Russie » — Le Monde — Une
EGazette résume des articles de plusieurs sources ; suivez les liens pour les originaux.
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